Des pensées et des mots

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Source : Pixabay

J’aimerais vous raconter une petite anecdote aujourd’hui. Lorsque j’étais étudiante (il y a déjà un certain temps…), j’ai effectué un semestre à l’étranger, en Ecosse plus précisément. En revenant, on m’a posé une question qui m’a laissée un peu perplexe. On m’a demandé si, après cette période en complète immersion, je pensais en anglais ou en français. J’ai dû réfléchir à la question avant d’y apporter une réponse. Il m’était certes arrivé de rêver en anglais, plus précisément, si je devais parler dans un contexte anglophone ou si des personnes anglophones prenaient la parole dans le rêve. Rêve ou réalité, si ma pensée vise à être communiquée, je la formule avec des mots. Par contre, si ce n’est pas le cas, il ne me semble pas qu’on pense pas avec des mots. Par exemple, si je pense qu’il faut que j’aille acheter du pain, je ne me dis pas textuellement « Il faut que j’aille acheter du pain ».

Ce rapport entre la pensée et les mots me semble particulièrement intéressant dans le contexte de l’écriture. Comme l’écriture est un moyen de communication, on pense alors avec des mots. Pour ma part, c’est un exercice particulièrement laborieux. Sauf pour les mails entre amis, je suis incapable d’écrire comme je parle. Il s’agit peut-être d’une déformation professionnelle ou de perfectionnisme, mais tout texte que je produis doit se trouver un minimum abouti, dans le sens où il doit être clair, ordonné et précis pour transmettre ma pensée ou mon idée de la façon la plus compréhensible et exacte possible. Je choisis donc mes mots et tournures de phrases avec soin, en tentant de construire mon texte de façon logique. Ce serait plutôt simple à faire si mes pensées étaient claires dès le départ, ce qui est rarement le cas….

Le fait d’écrire me permet souvent de mettre de l’ordre dans mes pensées, de les affiner, voire de me les révéler, d’où les difficultés à les énoncer clairement de prime abord. Lorsque j’écris des poèmes, je suis toujours surprise du résultat. En me concentrant sur le choix des mots pour obtenir les rimes et sonorités souhaitées ainsi que le nombre de pieds, il m’arrive de partir dans des directions que je n’avais pas envisagées dans un premier temps. Je me retrouve alors à transcrire des émotions dont je n’ai pas pleinement conscience. — C’est d’ailleurs cette réflexion qui m’a fait écrire ce petit poème. — Pour les nouvelles, il en est de même, au départ, j’ai une idée un peu floue de l’histoire que je souhaite raconter et elle se précise à mesure que j’écris. C’est comme si en choisissant les mots, je réglais un microscope jusqu’à voir nettement ce qui se trouvait devant mes yeux. À l’échelle du roman, je trouve ça encore plus incroyable, au bout d’un moment, les personnages ont leur propre vie et on ne peut pas aller à l’encontre de ce qu’ils sont. Ils ont leur propre façon de réagir à chaque obstacle que l’on peut mettre sur leur chemin et dictent ainsi le déroulement du récit.

Ce processus de création qu’est l’écriture me fascine vraiment. Et vous, comment vivez-vous l’écriture ? Je vous laisse avec cette citation de Victor Hugo.

Les mots sont les passants mystérieux de l’âme.
Victor Hugo, Les Contemplations

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