Un livre pour s’endormir – Troisième partie

 

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Source : Pixabay

 

Première partie et deuxième partie

Lucie se redresse dans son lit et se penche en direction de la porte. Non, il n’y a plus de bruit dans le salon, seulement le tintement de couverts qui s’entrechoquent dans la cuisine plus loin. Ses parents sont en train de manger. Ils ne devraient pas l’entendre et la voir regarder le livre avec la lampe de poche. Mais il faut d’abord qu’elle aille chercher la lampe de poche. Son père la range chaque soir dans la commode après avoir vérifié qu’aucune vague ne se cache sous son lit. Lucie glisse tout doucement de son matelas, marche à pas de loup sur le parquet pour ne pas le faire grincer, ouvre le tiroir de sa commode avec précaution, s’arrête pour tendre l’oreille. On empile des assiettes dans le lave-vaisselle. Elle referme le tiroir qui émet alors un grondement sourd. Elle saisit la lampe et court jusqu’à son lit où elle regagne sa couette illico presto. Quelques secondes plus tard, une tête passe par la porte entrebâillée. De la porte, seule une touffe de cheveux bouclés est visible. Sa mère finit par repartir dans la cuisine. Le cœur battant encore la chamade, Lucie tire le gros livre vers elle, sous la couette et braque la lampe dessus.

Dans son abri improvisé, Lucie regarde longuement la couverture aux couleurs passées et aux coins abîmés. L’illustration représente une petite fille et un petit garçon dans un paysage où fleurissent des lettres. Ils tiennent chacun un livre sous le bras et courent dans une vallée en direction d’un arc-en-ciel. Le coffre au trésor se trouve sûrement au pied de l’arc-en-ciel et ils vont l’ouvrir grâce à leur livre se dit Lucie. Elle ouvre délicatement le livre, comme elle a vu sa grand-mère le faire. Sur la première page se trouve une page noircie de petites lettres pour les adultes. Elle l’effraie un peu alors elle s’empresse de la tourner. La deuxième laisse apparaître un bel arbre aux fruits orangés, un abricotier, avec des mots écrits plus gros et en couleur. Voilà qui est mieux. Sa grand-mère lui a expliqué que ce livre s’appelait un « dictionnaire », qu’il contenait des mots dans l’ordre de l’alphabet et qu’il expliquait chaque mot dans une « définition».

Lucie feuillette le dictionnaire illustré tout doucement pour faire le moins de bruit possible et ne pas se faire démasquer. Il doit bien y avoir écrit « Funérailles » dedans… Elle prononce tout bas le mot en articulant bien. Il commence par le son « fff ». La première lettre doit être la lettre F. Elle trouve bien les pages où les mots commencent par cette lettre, mais elle ne sait pas les déchiffrer davantage. Cela la frustre vraiment de ne pas pouvoir trouver le mot qu’elle cherche et sa définition. Alors elle se contente d’essayer de deviner ce que les mots peuvent bien vouloir dire à partir des images qui y sont associées. En plus, peut-être qu’avec un peu de chance, elle va découvrir la clé magique. Elle cherche tant et si bien qu’elle finit par s’endormir sur le livre ouvert qui l’accueille à bras ouverts dans ses pages. Le dictionnaire semble lui restituer le « Bonne nuit mon ange » que sa grand-mère lui a soufflé la veille en quittant la chambre mais que Lucie n’a pas entendu pour s’être endormie, bercée par la voix chaude de sa grand-mère lisant les différentes définitions des mots commençant par la lettre A.

Voici la troisième partie de la nouvelle, il en reste une quatrième et dernière.

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