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Le bateau rouillé dans le jardin

 

 

Les yeux encore plein de sommeil, il ouvrit la fenêtre, bascula le loquet, poussa le volet droit contre le mur, puis le gauche, comme chaque matin. Alors qu’il s’apprêtait à refermer la fenêtre, un élément inhabituel dans le décor l’arrêta. Il se frotta les yeux pour se débarrasser des rêves qui auraient pu rester accrochés à ces cils blanchis par le temps. C’était toujours là. Mais que faisait donc ce truc rouillé dans sa mare ? (suite…)

La carte postale

Une larme roule sur sa joue et atterrit sur le papier glacé. Elle l’essuie rapidement d’un revers de la manche pour ne pas abîmer la carte postale. L’émotion l’a prise par surprise alors qu’elle faisait du rangement dans ses placards pour commencer ses vacances d’été du bon pied. Quelques minutes plus tôt, elle souriait à la vue d’un faire-part de naissance. Il a suffi qu’elle tombe sur cette carte, pour qu’un accent marseillais se mette à chanter  à son oreille, réminiscence d’une voix devenue silencieuse. (suite…)

Fanny

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Source : Bric à Book

La boule frappa lourdement le sol compacté, roula dans un bruit sourd, et s’arrêta juste à côté du cochonnet. Et de 13. 13-0. Fanny. Des cris stridents et aigus s’élevèrent au-dessus de murmures graves. Les trois compères habitués depuis des lustres à observer les tournois de pétanque depuis le banc de la petite place n’en revenaient pas. (suite…)

Le code

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Non, mais qu’est-ce qu’ils inventeraient pas pour me faire avaler cette soupe infâme contenant je ne sais quels légumes. Sûrement des tomates, vu la couleur rouge déconfit du potage. Des tomates cuites… le summum du mauvais goût. Et puis c’est quoi ces petits bouts orange et verts qui flottent ? Des carottes et des épinards ? Les carottes, ça peut passer, mais ils croyaient vraiment qu’ils allaient réussir à me faire avaler des épinards aussi facilement ! ? Ils me prennent vraiment pour un lapin de six semaines. Certes, j’aime les carottes, mais j’ai pas de grandes oreilles et j’ai quatre ans, pas six semaines. (suite…)

La der des ders

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CCO Source : Bric à Book

Le soldat fut soudainement happé par le vide. Il adorait cette sensation. C’était le moment du saut en parachute qu’il préférait, car c’était le point qui marquait le début de chaque nouvelle aventure dans laquelle il se jetait à corps perdu. Ce jour-là, le fleuve Amazone se déployait sous ses yeux. En plus des ennemis, il aurait à combattre des serpents perfides et des araignées venimeuses. Il tentait de graver la moindre de ses sensations pour ne jamais oublier. Il savait bien que c’était la dernière fois, la dernière fois qu’il sautait en parachute, mais surtout la dernière fois qu’il partait en expédition. (suite…)

Lorsqu’elle se livre

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© Leiloona

Assis à quelques tables de la sienne, il l’observe.

Elle a attaché ses cheveux en un chignon improvisé pour ne pas être dérangée par des mèches rebelles. Les petits cheveux libres dans son cou dansent au rythme des mouvements latéraux que fait sa tête au gré de sa lecture et brillent dans la lumière dorée du soleil qui filtre à travers les grandes baies vitrées de la bibliothèque séculaire. (suite…)

Si au moins il neigeait

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© Leiloona

Le vent froid siffle et s’insinue dans son cou. Elle baisse la tête, la rentre dans ses épaules, et relève l’étole dont elle est drapée pour se protéger le visage. Les nuages sont si bas qu’ils semblent sur le point de se désagréger en neige. Un Noël blanc, ce serait bien. Noël approche en effet à grand pas dans ses bottes fourrées et le grand traîneau du Père-Noël est déjà prêt à s’envoler vers le ciel pour la distribution de cadeaux. Elle, elle s’éloigne de l’aéroport dans ses chaussures à talon aiguille qui claquent sur le tarmac gelé pour embarquer dans ce petit avion prêt à décoller pour… Pour quoi au juste en fin de compte ? Pour se battre contre des moulins à vent ? (suite…)