écriture

Je voulais juste aller courir

Il n’y a que le martèlement de mes foulées sur le sol, leurs vibrations qui traversent tout mon corps, et l’air froid qui vient me brûler les poumons. J’ai la sensation que courir me purifie de l’intérieur. Je suis bien lorsque je cours. Cela fait des mois que cela ne m’est pas arrivé. Pour cause : ces joggeuses assassinées en série au début de l’année par celui que la presse a surnommé « le Démon du crépuscule ». J’ose à peine sortir de chez moi depuis. Trop risqué. Mais, ce matin, lorsque j’ai ouvert mes volets sur le canal, je me suis dit que le temps avait passé et que rien ne pourrait m’arriver dans cette brume vaporeuse. Personne ne se promène si tôt le matin, même le monstre reste tapi dans sa tanière. (suite…)

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Partir pour mieux revenir ?

 

Ridicule. Ou folle. Ou les deux. Voilà ce qu’ils penseraient d’elle s’ils savaient la raison pour laquelle elle avait vraiment entrepris ce voyage en Indonésie. Elle leur avait dit à tous qu’il s’agissait d’un séminaire organisé pour fêter les résultats de son entreprise. Elle n’avait pas pu avouer la vérité à son fiancé, surtout pas à lui d’ailleurs. Il n’aurait pas compris. D’ailleurs, elle trouvait qu’il la comprenait de moins en moins, alors elle se renfermait de plus en plus. (suite…)

A vos claviers #1

Clavier Pixabay

J’aimerais aujourd’hui vous proposer d’écrire des textes (de fiction ou non) autour d’un thème commun que je proposerai chaque mois. C’est plus motivant que d’écrire chacun dans son coin et cela permet de partager davantage autour des écrits ! Une fois votre texte rédigé, il suffira de mettre en commentaire le lien vers votre texte. A la fin du mois, je ferai un récapitulatif des participations.

Voici le thème pour le mois de novembre :
La promenade du dimanche

A vos claviers !

Estelle

Je ne suis pas venue

 

Banc Pixabay

Source : Pixabay

 

Cher Jules,

Aujourd’hui, c’est ton anniversaire. Je sais que tu souhaitais de tout cœur que je vienne, comme tu le souhaitais déjà pour le passage à la nouvelle année. Oui, mais voilà, je savais que tes proches avaient organisé une belle fête surprise pour l’occasion et ils ne m’auraient pas accueillie à bras ouverts, pas comme toi. Lorsqu’il m’arrive de les croiser de loin, ils tournent la tête et font semblant de ne pas me voir, et si je m’approche un peu, je peux même voir que je les effraie. En réalité, je crois qu’ils ont surtout peur de l’inconnu et du fait que je puisse vous séparer. Aussi étrange que cela puisse paraître, ma façon de participer à la réussite de cette fête, c’était de ne pas m’y joindre. (suite…)

Le petit muret blanc et l’enfant extraordinaire

Mur blanc pixabay

Source : Pixabay

Il était une fois un petit muret blanc, il en voyait chaque jour de toutes les couleurs : du blanc au noir, en passant par toutes les tentes possibles et imaginables pour ces chaussures d’enfants qui venaient le fouler chaque après-midi. Il faut dire que sa situation géographique et sa configuration se prêtaient tout à fait à l’exercice. Situé en contrebas de l’école maternelle en direction du parking, il constituait un passage incontournable pour les bambins, mais uniquement l’après-midi en raison de la déclivité de la rue et de son accessibilité dans ce sens uniquement. En effet, en sortant de l’école, les enfants pouvaient y grimper facilement, comme sur une marche, s’essayer à un numéro d’équilibriste à difficulté croissante sur tout son long, et finir par l’acrobatie finale, un saut de quasiment toute leur hauteur.
(suite…)