maman

A comme Annabelle

 

Pour le rendez-vous organisé par Pikota du blog C’était comment avant, qui propose d’écrire un article inspiré d’un mot commençant par une lettre de l’alphabet donnée, j’ai décidé d’écrire une nouvelle longue, en voici le début avec A comme Annabelle.

Cela faisait de longues minutes qu’elle observait seules sur la page blanche à l’écran les neuf lettres qui composaient son prénom. Elles y apparaissaient écrites en noir, dans le bon ordre avec cette régularité que seuls les caractères tapuscrits affichent. Et c’était bien comme ça. Annabelle, c’était son prénom. (suite…)

Publicités

Un arc-en-ciel

Garçon Pixabay

Source : Pixabay

 

Ce soir-là, la situation avait encore dérapé. Son fils de quatre ans, si calme et câlin encore quelques mois auparavant, l’avait poussée hors de sa chambre alors qu’elle lui répétait pour la énième fois d’aller se mettre au lit. Et, dans un déchaînement de colère, il lui avait entre autres crié : « Tu es méchante, je préfère l’autre maman ». Désemparée et lasse, elle était partie se réfugier à l’opposé de la maison pour ne plus entendre les hurlements et penser seule à ces mots. Dans le crépitement de la pluie qui s’abattait dehors, elle s’était résolue à entendre la vérité. Pas de doute possible, il y avait une autre femme. Une autre femme dans la vie de son mari et donc dans la vie de son fils. Et cette femme, il la lui préférait, son mari, comme son fils. En réalité, ça ne l’étonnait pas tant que ça. Elle, elle devait toujours bien s’habiller, toujours être d’entrain, et toujours réussir ses plats. Pas comme elle, là, en jogging, affalée sur le canapé, devant une assiette de pâtes trop cuites. (suite…)

Au creux de la nuit

Lune Pixabay

Source : Pixabay

Dehors, il fait nuit et il fait froid. Je suis fatiguée et j’ai les pieds gelés.

Je frotte tout doucement mes pieds l’un contre l’autre pour éviter qu’ils ne s’engourdissent. Mes yeux cernés quant à eux luttent pour ne pas se fermer. Je pourrais me lever et aller regagner mon lit mais je ne le fais pas. Je reste là, sans bouger, ou presque. (suite…)

Elle ne connaîtra jamais…

 

Oies

Source : Pixabay

Elle ne connaîtra jamais l’odeur des carcasses qui mijotent.
Elle ne connaîtra jamais la texture de la crépinette qu’on met sur les pâtés et leur feuille de laurier.
Elle ne connaîtra jamais le goût des tartes et gâteaux aux pommes du verger du samedi matin.
Elle ne connaîtra jamais le tintamarre que font les oies sous la fenêtre quand on leur jette du pain.
Elle ne connaîtra jamais les meubles foncés recouverts d’une fine pellicule de graisse, la toile cirée usée jusqu’à la trame et les murs jaunis pour trop-plein de cuisine. (suite…)