Abracadabra, disparais !

 

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Source : Pixabay

« Abracadabra, je vais te faire disparaître » dit-il en pointant une petite branche sur la vache qui passait paisiblement dans le pré à côté du jardin. Une moue boudeuse s’afficha sur le visage du petit garçon lorsqu’il vit que la vache était toujours là et qu’elle continuait à ruminer en toute indifférence. Il examina sa baguette sous toutes les coutures, visiblement, elle ne devait pas être en cause dans l’échec du tour de magie puisqu’il la conserva. Il pinça les lèvres quelques instants comme pour mieux réfléchir puis se mit à courir en direction de la maison, ses cheveux blonds et fins d’enfant sautillant dans l’air printanier au rythme de ses pas.  C’est muni du torchon de cuisine à grands carreaux rouges encore humide et du seau de la poubelle de la salle de bains vidé de ses cotons démaquillants et rouleaux de papiers toilettes qu’il ressortit. Il noua le torchon autour de son cou et plaça le seau sur sa tête, puis il bomba le torse. Une fois près du grillage, il fixa l’énorme vache puis parut se raviser. Il s’en retournait tête baissée, lorsqu’il s’arrêta net devant un escargot qui traçait son chemin dans l’herbe verdoyante. L’enfant fronça les sourcils comme pour mieux se concentrer et ordonna en brandissant sa baguette sur le gastéropode « Abracadabra, tu vas disparaître ! ». Les cornes touchées par le morceau de bois se rétractèrent immédiatement et l’animal se réfugia dans sa coquille. Le visage du petit garçon fut alors traversé par un éclair de satisfaction puis s’illumina comme si une idée de génie venait de germer dans son esprit. Le garçonnet fonça droit sur le clapier. Il posa le seau au sol, souleva le loquet, ouvrit la porte, se saisit doucement du lapin, puis le plaça dans le chapeau improvisé. Il rajusta sa cape, inspira profondément en fermant les yeux pour se concentrer au mieux : « Abracadabra, disparais ! ». Il sembla le premier étonné de voir que le lapin ne se trouvait plus là. Un adulte se serait dit qu’un bon civet venait de lui échapper, le petit garçon quant à lui prononça ces mots avec fierté en remettant son chapeau : « Voilà, le tour est joué ».

Voici ma participation au défi A vos claviers de septembre
La consigne était la suivante :
Rédiger un texte commençant par « Abracadabra » et se terminant par « Le tour est joué ». 

Si vous voulez participer, ça se passe ici et vous avez jusqu’à la fin du mois.
A vous de jouer !

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9 commentaires

  1. C’est bien vrai! On s’y croit, on se voit près de ce petit garçon dont la candeur nous saisit.
    Très beau texte Estelle.
    Et merci pour le rappel – je vais m’y mettre!

    J'aime

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