Je voulais juste aller courir

Il n’y a que le martèlement de mes foulées sur le sol, leurs vibrations qui traversent tout mon corps, et l’air froid qui vient me brûler les poumons. J’ai la sensation que courir me purifie de l’intérieur. Je suis bien lorsque je cours. Cela fait des mois que cela ne m’est pas arrivé. Pour cause : ces joggeuses assassinées en série au début de l’année par celui que la presse a surnommé « le Démon du crépuscule ». J’ose à peine sortir de chez moi depuis. Trop risqué. Mais, ce matin, lorsque j’ai ouvert mes volets sur le canal, je me suis dit que le temps avait passé et que rien ne pourrait m’arriver dans cette brume vaporeuse. Personne ne se promène si tôt le matin, même le monstre reste tapi dans sa tanière. (suite…)

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A comme Annabelle

 

Pour le rendez-vous organisé par Pikota du blog C’était comment avant, qui propose d’écrire un article inspiré d’un mot commençant par une lettre de l’alphabet donnée, j’ai décidé d’écrire une nouvelle longue, en voici le début avec A comme Annabelle.

Cela faisait de longues minutes qu’elle observait seules sur la page blanche à l’écran les neuf lettres qui composaient son prénom. Elles y apparaissaient écrites en noir, dans le bon ordre avec cette régularité que seuls les caractères tapuscrits affichent. Et c’était bien comme ça. Annabelle, c’était son prénom. (suite…)

La paire de mocassins italienne

 

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Source : Bric à Book

 

Qu’est-ce qu’elle est démodée cette paire de mocassins et pourtant qu’est-ce que je les aime ! Tous les passagers sont en train de mourir dans ce train. Moi, je reste concentré sur ma paire de mocassins.

J’entends des cris de désespoir qui résonnent dans les wagons et surtout des silences encore bien plus éloquents. Je sens l’odeur de la peur suinter et s’insinuer partout. Je sens les corps des autres passagers me frôler avant d’être happés par la porte en face. Je vois le vide défiler vers la mort à toute vitesse sous mes yeux. Mais cette réalité ne m’atteint pas, ce n’est que l’arrière-plan de ma paire de mocassins. Le bruissement du cuir italien dont elle est faite, l’odeur du cirage appliqué tout à l’heure pour lui redonner un peu de son lustre d’antan, le cocon douillet qu’elle représente pour moi, et sa teinte noire virant néanmoins au gris à bien des endroits, tout cela me semble bien plus réel.
(suite…)

Partir pour mieux revenir ?

 

Ridicule. Ou folle. Ou les deux. Voilà ce qu’ils penseraient d’elle s’ils savaient la raison pour laquelle elle avait vraiment entrepris ce voyage en Indonésie. Elle leur avait dit à tous qu’il s’agissait d’un séminaire organisé pour fêter les résultats de son entreprise. Elle n’avait pas pu avouer la vérité à son fiancé, surtout pas à lui d’ailleurs. Il n’aurait pas compris. D’ailleurs, elle trouvait qu’il la comprenait de moins en moins, alors elle se renfermait de plus en plus. (suite…)

A vos claviers #1

Clavier Pixabay

J’aimerais aujourd’hui vous proposer d’écrire des textes (de fiction ou non) autour d’un thème commun que je proposerai chaque mois. C’est plus motivant que d’écrire chacun dans son coin et cela permet de partager davantage autour des écrits ! Une fois votre texte rédigé, il suffira de mettre en commentaire le lien vers votre texte. A la fin du mois, je ferai un récapitulatif des participations.

Voici le thème pour le mois de novembre :
La promenade du dimanche

A vos claviers !

Estelle

L’enfant que j’étais

 

Coquelicots Pixabay

Source : Pixabay

 

J’étais une petite fille qui aimait faire du monde son terrain de jeu. J’aimais trier et classer les cailloux de la cour; jouet avec les cubes-puzzles représentant des images de contes chez ma nounou; bricoler des cabanes à oiseaux avec mon père à partir de chutes de bois; construire des maisons dans les bottes de paille de la ferme de ma grand-mère et y servir de la soupe de bambou; malaxer et touiller pour faire des tartes et des gâteaux avec ma mère; mettre les chaussures à talons de ma tante en taille 35 pour me mettre dans la peau d’une princesse; explorer tous les endroits où je pouvais découvrir des trésors cachés : le grenier de l’atelier de mon père, comme la boîte à bijoux de ma mère. (suite…)