Le petit muret blanc et l’enfant extraordinaire

Mur blanc pixabay

Source : Pixabay

Il était une fois un petit muret blanc, il en voyait chaque jour de toutes les couleurs : du blanc au noir, en passant par toutes les tentes possibles et imaginables pour ces chaussures d’enfants qui venaient le fouler chaque après-midi. Il faut dire que sa situation géographique et sa configuration se prêtaient tout à fait à l’exercice. Situé en contrebas de l’école maternelle en direction du parking, il constituait un passage incontournable pour les bambins, mais uniquement l’après-midi en raison de la déclivité de la rue et de son accessibilité dans ce sens uniquement. En effet, en sortant de l’école, les enfants pouvaient y grimper facilement, comme sur une marche, s’essayer à un numéro d’équilibriste à difficulté croissante sur tout son long, et finir par l’acrobatie finale, un saut de quasiment toute leur hauteur.
(suite…)

Publicités

Un arc-en-ciel

Garçon Pixabay

Source : Pixabay

 

Ce soir-là, la situation avait encore dérapé. Son fils de quatre ans, si calme et câlin encore quelques mois auparavant, l’avait poussée hors de sa chambre alors qu’elle lui répétait pour la énième fois d’aller se mettre au lit. Et, dans un déchaînement de colère, il lui avait entre autres crié : « Tu es méchante, je préfère l’autre maman ». Désemparée et lasse, elle était partie se réfugier à l’opposé de la maison pour ne plus entendre les hurlements et penser seule à ces mots. Dans le crépitement de la pluie qui s’abattait dehors, elle s’était résolue à entendre la vérité. Pas de doute possible, il y avait une autre femme. Une autre femme dans la vie de son mari et donc dans la vie de son fils. Et cette femme, il la lui préférait, son mari, comme son fils. En réalité, ça ne l’étonnait pas tant que ça. Elle, elle devait toujours bien s’habiller, toujours être d’entrain, et toujours réussir ses plats. Pas comme elle, là, en jogging, affalée sur le canapé, devant une assiette de pâtes trop cuites. (suite…)

Au creux de la nuit

Lune Pixabay

Source : Pixabay

Dehors, il fait nuit et il fait froid. Je suis fatiguée et j’ai les pieds gelés.

Je frotte tout doucement mes pieds l’un contre l’autre pour éviter qu’ils ne s’engourdissent. Mes yeux cernés quant à eux luttent pour ne pas se fermer. Je pourrais me lever et aller regagner mon lit mais je ne le fais pas. Je reste là, sans bouger, ou presque. (suite…)

Tu es sûr de toi ?

bougie Pixabay

Source : Pixabay

Encore dans son lit, il pense à la décision qu’il a prise la veille. Une bonne nuit de sommeil ne l’a pas fait changer d’avis et il se sent même soulagé. Il se demande si cette envie de libération est due à la situation ou à la crise de la quarantaine. Au fond, peu importe, il en a juste marre d’être raisonnable, de faire toujours ce qu’il faut quand il faut pour que tout aille pour le mieux. Enfin soi-disant, parce quand il se voit là, il se dit que rien ne pourrait être pire. Depuis des mois, il ne fait qu’attendre des jours meilleurs. Il trouve qu’il les a déjà attendus bien trop longtemps et qui sait s’ils viendront un jour. On lui dit qu’il doit continuer pour son bien, mais tout ça n’est qu’une mascarade, il le sait. Lui, ce qu’il veut, c’est se délecter des moindres odeurs jusqu’à en être ivre,  manger jusqu’à en avoir la nausée,  regarder le soleil en face jusqu’à ce que ça lui brûle les yeux,  écouter la musique jusqu’à ce qu’il en devienne sourd, danser jusqu’à ce que son corps s’écroule. Bref, ce qu’il veut, c’est vivre jusqu’à en crever, quitte à brûler la chandelle par les deux bouts.
(suite…)

Elle ne connaîtra jamais…

 

Oies

Source : Pixabay

Elle ne connaîtra jamais l’odeur des carcasses qui mijotent.
Elle ne connaîtra jamais la texture de la crépinette qu’on met sur les pâtés et leur feuille de laurier.
Elle ne connaîtra jamais le goût des tartes et gâteaux aux pommes du verger du samedi matin.
Elle ne connaîtra jamais le tintamarre que font les oies sous la fenêtre quand on leur jette du pain.
Elle ne connaîtra jamais les meubles foncés recouverts d’une fine pellicule de graisse, la toile cirée usée jusqu’à la trame et les murs jaunis pour trop-plein de cuisine. (suite…)